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the silent whispers, silent tears ❞ (moore)

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Cameron J. Moore

membre Ҩ finding neverland

๑ Tes messages : 169

๑ Ses amours : C'est censé vous regarder ? Hhm... Aucun pour le moment.

๑ Son emploi : Petits boulots

๑ Disponibilité pour rp : Disponible


MessageSujet: the silent whispers, silent tears ❞ (moore) Jeu 14 Fév - 3:08



the silent whispers, silent tears ❞

Laisser le vent les pousser, les guider. Jusque là. Ici, nulle part en somme. Paisiblement, il s'infiltrait dans ses cheveux fins, lui transperçait la peau, lui traversait l'échine à l'image de ces quelques frissons qui parfois la parcouraient. Sensation délicieuse mais terriblement douloureuse, aussi. De celles qui ne faisaient que vous déstabiliser, encore un peu. Troublée par le froid ambiant. Sens littéral comme figuré. Doucement ils marchaient côte à côte, silencieux. Ils l'avaient été durant tout le chemin jusqu'ici. Coeurs glacés au nom des souvenirs bien trop douloureux, de souffrances invisibles, de cris silencieux. Un mois. Un mois, et quelques échanges. Explosifs parfois. Souvent. Huit années les séparaient à présent. Il l'avait laissée là, seule. Au croisement d'une vie qui finalement ne lui avait jamais vraiment appartenu. Les autres décidaient pour elle. Il avait décidé pour elle, d'une certaine manière, et l'avait abandonnée. Sentiment de rejet qui d'une certaine façon ne l'avait jamais quitté, malgré tout. Malgré ses mots, malgré ses promesses, malgré sa sincérité certaine. Que pouvait représenter la vérité de quelques paroles face aux actes ? Il l'aimait. Il l'aimait et disait avoir agi ainsi pour son bien. Son bien ainsi devait-il passer par cette souffrance et cette solitude innommable auxquelles elle avait été en proie durant tout ce temps ? Le meilleur qu'il puisse lui offrir à ce moment là. Le meilleur qu'il pensait lui offrir, détruisant tout sur son passage. De ses rêves à ses envies. Et cette image du frère parfait qu'il avait toujours été jusqu'à ses quatorze ans s'en était aussi allée avec lui, et n'était jamais revenue. Il semblait l'avoir perdue entre les bombes et les balles, entre l'horreur et la mort. qui donc aurait pu le blâmer ? Certainement pas elle. Jamais Cameron ne se serait autorisée à lui reprocher quoi que ce soit, quand bien même cette incompréhension face aux actes de son frère ne soit que grandissante chaque jour un peu plus. Elle voyait ç travers son regard, observait ses yeux. Et plus rien ne restait de l'enfant qui l'avait quittée. Pas cette malice, ni même cet espoir. Flamme animant autrefois son être entier qui semblait s'être éteinte sous les torrents de la réalité. Et la leur n'était que trop difficile à supporter. Le chemin qui les avait mené n'avait été que ligne droite semée d'embûches, d'obstacles. Bien sûr, ils les avaient contournés, et survivaient. Mais semblaient tous deux dans ce combat perpétuel avoir perdu une partie de leur être au front. Guerre perpétuelle contre un destin et une vie qui ne paraissaient pas leur être cléments.

Le regard perdu à l'horizon. Posé sur cette ligne d'infini, mobile immobile. Les vents se déchaînaient contre ce monde parallèle, pourtant lui reprenait toujours sa place, et jamais ne semblait sortir de son lit. Ses habitants en suivaient les courants, en connaissaient les lieux, et jamais ne tentaient d'en sortir. L'image d'une vie entière. Destinée mouvante mais qui pourtant arrivait toujours à l'endroit exact où elle était supposée se trouver. Terrible destinée à laquelle ses victimes jamais ne tentaient d'échapper.
Jamie s'arrêta un instant, les bras croisés sur la poitrine, et enfonça ses deux pieds dans le sable fin. Seul le bruit des vagues rythmait ce moment hors du temps. Seul le bruit des vagues lui indiquait qu'il n'y avait pas de pause, pas de répit. Le temps ne s'arrêterait pas, pas même ici. Fixant le soleil qui bientôt achèverait sa chute, irait éclairer un autre monde. Finalement, elle tourna la tête vers Johann, et attrapa sa main dans la sienne. Contact qui lui valut un lourd pincement au coeur, tandis qu'incertaine, elle caressa le dessus de sa main de son pouce. Il lui manquait. Il lui manquait terriblement. Et ce qu'ils avaient été un jour aussi, lui manquait. Et toutes ces questions qui toujours ne venaient que les séparer un peu plus. Tous ces silences qui un jour finiraient par les perdre. Difficilement, après avoir déglutit bruyamment, Cameron décidé de rompre les incertitudes le regard posé sur son frère. Les mots étaient douloureux, et ne passaient que difficilement la barrière de ses lèvres. Pourtant, impulsive qu'elle était, son discours se fut plus fluide après les quelques premiers mots. « Je me suis toujours demandée... Pourquoi t'es parti Johann ? Pourquoi t'es allé te bousiller le corps et l'esprit alors que j'avais besoin de toi ? J'ai eu peur. J'ai jamais été plus inquiète de ma vie entière. T'étais tout ce que j'avais, et j'ai pas compris. J'avais pas besoin de ce fric, on n'en avait pas besoin. Je croyais que c'était toi l'espoir, c'était toi qui était supposé penser qu'on pouvait s'en sortir sans ça. On s'en serait sorti, je crois. On se serait débrouillés. À deux, au moins. Tu... T'aurais pu jamais revenir. Et maintenant, t'es là sans être là. Je sais pas où t'es passé, et peut-être qu'au fond, j'ai pas envie de savoir pourquoi t'as disparu. Mais je ne peux pas te retrouver si tu l'acceptes pas, tu sais... » Détourner le regard. Vérité bien trop difficile à énoncer. Le dire à haute voix ne faisait que rendre les faits plus réels, et la dureté de ces mots n'était que trop forte. Difficilement, Jamie lâcha la main de son frère, et s'approcha encore un peu plus de l'eau, n'ajoutant rien. Bien vite quelques vagues vinrent lui chatouiller le bout des pieds, doucement. Contact salé supposé être cicatrisant. Ainsi peut-être l'aiderait-il à guérir, lui.
made by pandora.



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❝ people change, memories don't ❞
Tell me what you saw. There was a crowd of seeds. Inside outside, I must have done a dozen each. It was the height I threw, the weight, the shell was crushing you. I've been around a few. This is the moon without a tide. We'll build a fire in your eyes, we'll build a fire when the cover's getting brighter, cold desire, makes the moon without a tide.
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Johann G. Moore

membre Ҩ finding neverland

๑ Tes messages : 34

๑ Son emploi : ancien 1st lieutenant dans l'us army, perçoit une pension d'invalidité.


MessageSujet: Re: the silent whispers, silent tears ❞ (moore) Jeu 14 Fév - 4:55


the silent whispers, silent tears ❞


(woodkid) ▽ With my tears you washed away the mud stuck on my hands, all the things you're trying to do make me a better man.
C'était nerveux. Serrer la balle anti-stress entre ses doigts, convulsions de ses phalanges sur-tendues. Assis sur le parquet du salon, au pied du canapé, en tailleur. Un coup Johann lançait la balle contre le mur, puis elle rebondissait et lui revenait, et il la rattrapait, les réflexes à vifs. C'était nerveux. Et Joe aurait pu rester longtemps à faire ça. Quand on avait plus mis un pied à l'extérieur depuis un mois et quelques, on faisait avec peu. L'appartement de sa soeur n'était pas très grand. Et il vivait, dormait, n'avait pour lui que le canapé du salon. Le trajet jusqu'au frigidaire n'était pas bien long. C'était un peu triste, mais il ne demandait que ça. Moore n'était plus franchement adapté à la vie.. normale. Il pouvait rester muet pendant des heures, comme ça. Muet pour les autres, mais il se parlait à lui-même parfois. Pour dresser le constat de ses erreurs. Parce que tout ça, au fond, c'était sa faute. Ce ne pouvait être que ça. Il se faisait tout le temps des reproches. Mais il était ainsi. Coincé entre sa conscience, un reproche, un souvenir ou une peur instantanée. Il échouait. Protéger Cameron, s'occuper d'elle ? Tu parles. Maintenant, il était une charge inutile pour elle. Comme toujours. Comme jamais. Il ne sortait plus depuis un mois, de cet appartement, et par procuration du maigre monde qu'il avait réussi à sauver. À construire, à rattraper. Où est-ce qu'ils étaient passés ? Où est-ce qu'ils étaient passés, ce frère et cette soeur soudés à jamais, fidèles l'un à l'autre ? Maintenant il restait seulement l'incompréhension, l'appréhension, parfois les éclats, mais seulement ceux des voix. Un fossé creusé entre eux deux, qu'il aurait fallu remblayer. Une mer séparant les deux continents sur lesquels ils se trouvaient maintenant, un océan à traverser. Une mer.. Johann ne put réprimer un frisson alors qu'il se tassait un peu sur lui, les poings bien enfoncés dans les poches de sa veste. Il claudiquait à côté d'elle, encore moins aisé qu'était la marche dans un sol aussi meuble. Gillian s'était peut-être un peu fait des idées corrompues. Et surtout futiles et bornées. Le monde extérieur n'était peut-être pas aussi dangereux et impossible à affronter que ça. C'était la première fois qu'elle réussissait à le traîner au dehors. Un exploit. Parce qu'il n'avait aucune envie de se retrouver au milieu des autres, de ces gens. Au milieu de la foule, il se sentait encore plus seul. Mais on était en hiver. Et peu de monde traînait sur la plage de Provincetown. N'empêche. Il semblait être un oisillon un peu tombé du nid, ainsi. Constamment ou presque agressé ou en passe de l'être. Il avait surtout la sale habitude de constamment regarder derrière lui. C'était ce genre de vieux tics, rajouté à sa jambe traînante, qui n'arrangeait rien. Mais pourtant, Johann était bien là. Il n'avait rien dit depuis le début, depuis qu'ils étaient sortis. Laisser mener. Quand Jamie s'arrêta, enfin, son grand frère fut presque.. soulagé. Marcher autant, ainsi, aurait dû revenir dans ses habitudes. Mais pour l'instant il n'y était toujours pas. Il la regardait avec son regard qui paraissait toujours un peu usé. Planté à côté d'elle. Son coeur fit un petit bond dans sa cage thoracique en même temps que la main de sa soeur se glissait dans la sienne... Si longtemps. Si longtemps qu'ils n'avaient que si peu de contacts. Loin de cette époque d'avant. Quand il restait avec elle dans son lit jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Le jeune homme déglutit et ses yeux se posèrent sur leurs mains entrelacées avant de revenir se planter dans les pupilles de la jeune femme. Huit ans s'étaient écoulés depuis qu'il l'avait laissée, là. Certes, les permissions existaient. Mais ce n'était pas pareil, vivre ensemble durant des années et ne plus se voir que quelques semaines tous les six ou sept mois.

Les premiers mots l'accrochèrent. Et il se sentit fondre sur place, devenir partie intégrante du sable qui crissait sous ses chaussures, alors qu'ils se succédaient en phrases qui enserraient lentement son coeur perdu et à vif. Et il restait muet. Et il resta muet, la regardant le regard un peu perdu lâcher sa main et se rapprocher des langues d'eau salée. Il lui fallut un instant pour trouver des mots, pour trouver les mots. « Je.. Je faisais ça pour nous. C'était la solution de facilité. Je.. pensais bien faire. » Demi réponse succincte. Il déglutit et se pinça les lèvres. Entendre ce genre de vérités dans la bouche de Cameron, c'était douloureux. Rien que ça. Il se gratta la nuque, un peu penaud, et surtout bien conscient au fond de tout ça. C'était exactement ce qu'ils se reprochait H24. Ou presque, à deux-trois détails près. « Je voulais que tu crois qu'on en avait pas besoin, de ce fric. Mais on en avait plus que besoin, Cam'. Je voulais.. t'éviter d'autres problèmes comme ça. Qu'on finisse à la rue. C'est pas ce que je voulais pour toi, tu sais. » Une suite à ses premiers mots. Explication qui se précisait, lentement mais sûrement. Le point le plus douloureux, pour l'instant, Johann ne l'avait pas encore réellement effleuré. « Excuse-moi si je suis plus le même. J'ai voulu bien faire mais au final je me suis juste retrouvé à pisser le sang dans les bras d'Adriel, et maintenant il me manquerait juste une canne pour qu'on m'appelle Gregory House. Je.. je suis pas parti, Cameron. C'est juste.. faut que je m'adapte, enfin, que je me ré-adapte, à ça, à tout ça, tu sais, la vie normale.. Quand tu risques pas de te bouffer une grenade dans le nez dès que tu fais pas attention. » Doucement, il avait boité jusque vers elle. Tant pis si il trempait ses chaussures, ce genre de chose ne lui importait peu et plus depuis un petit bout de temps. Il se mordilla un instant, la lèvre inférieure, le regard porté sur le sol à ses pieds. Penaud, peiné. ► CAPTAIN CORNFLAKES
(c) AMIANTE


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