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we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron)

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Aaron N. Hopkins

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MessageSujet: we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron) Dim 17 Fév - 7:51

Depuis que j’ai quitté Chester, ma vie est bien différente de ce qu’elle avait toujours pu être jusque là. Il faut dire que Cape Cod est une ville bien plus peuplée et moderne que mon ancienne petite ville, mais il n’y a pas que cela qui entre en jeu, je présume. Son immense surface permet aussi de posséder plus d’entreprises – sûrement est-ce pour cela que Raphaël a aussitôt pensé à venir planter notre entreprise d’informatique ici –, plus de nouveaux endroits à découvrir, plus de bars et donc plus de soirées. Mais ici, je me sens tout de même comme légèrement oppressé. Je ne suis pas dans mon milieu naturel. Il m’arrive parfois de regretter la petite ville où j’ai grandis, celle que j’ai toujours connue. Le lieu où je passais perpétuellement mon temps à attendre le retour de mes parents. Mais sûrement vaut-il mieux ne pas y penser, ce n’est qu’un mauvais souvenir, que je préfère balayer d’un revers de main. Quoi qu’il en soit, depuis que j’ai rejoins le Massachussetts, ce n’est pas dans ma ville d’accueil que je passe le plus clair de mon temps. Non, je la vois bien trop comme une dévastatrice de rêve, le genre de ville qui vous oblige à grandir trop vite, à devenir mature contre votre gré. Provincetown, située à quelques lieux de là, semble être une ville bien moins sage que Cape Cod, le genre d’endroit capable de raviver un instant la jeunesse qui sommeille en chaque être. Car l’innocence qu’accompagne l’enfance, ne peut pas disparaitre du jour au lendemain. Je refuse d’ailleurs catégoriquement de le croire, même si je suis le premier à affirmer qu’il faudrait savoir se montrer adulte un peu plus tôt. Après tout, il y a tout de même une différence entre le fait de se conduire en gamin jusque quarante ans et le fait de retomber en enfance quelques instants, de temps en temps. Le tout reste très différent lorsque l’on y repense. Je pense être adulte. Mais il me faut tout de même quelques moments où je peux m’évader, retoucher du bout des doigts cette innocence que je ne suis jamais parvenu à connaître à son juste titre. C’est certainement pour cela qu’il m’arrive de reprendre ma planche de skateboard pour aller parcourir la ville certaines fois, même si je ne me suis pas hasardé à pénétrer de nouveau dans l’enceinte d’un skatepark. Car je sais que ce serait le genre de chose qui m’entrainerait vers le fond. Tout le monde sait que les gens qui fréquentent ce genre d’endroit sont un peu dans leur bulle, qu’ils n’en font qu’à leur tête, en oubliant bien souvent le monde alentour. J’en ai déjà fais l’expérience et plus jamais je ne souhaite replonger. Bien sûr, je n’ai eu à supporter ce mode de vie que pendant deux courtes semaines, mais c’était déjà amplement suffisant pour que je me rende d’à quel point cet univers pouvait être nuisible pour mon existence. C’est Raphaël qui me l’a fait remarquer. Indirectement certes, mais je lui dois tout de même cela. Ce n’est pas la seule chose que je lui dois d’ailleurs, mais peu importe. Aujourd’hui, j’ai trouvé un nouveau moyen de m’évader, de partir loin de ces épuisantes journées de travail afin de faire un break.

C’est ainsi que, comme à peu près toutes les semaines, je me retrouve à Provincetown. Pénétrant dans l’un des nombreux bars de la ville – celui m’accueillant le plus souvent, pour tout dire – je ne prends même pas la peine de m’arrêter pour déclarer mon nom, au videur responsable de la soirée privée. Bien sûr, je le ferais si cela était nécessaire, mais ce n’est clairement pas le cas, vu la facilité avec laquelle il me laisse passer. S’en est presque déconcertant, mais peu importe. Je ne tarde pas à m’approcher du bar, venant aussitôt m’asseoir sur l’un des hauts tabourets. Je commande rapidement un verre de whisky que l’on ne tarde pas à me servir, avant que je ne me retourne vers la piste de danse où quelques personnes sont en train de danser. Je m’y joindrais peut-être, mais pas maintenant. Il est encore trop tôt. Je commence à siroter mon verre d’alcool, tandis que je vois une silhouette se dessiner à côté de moi, entrant tout juste dans mon champ de vision. Je n’ai pas besoin de me retourner pour voir de qui cela peut-il bien s’agir. Vu le genre de soirée où nous sommes, il ne peut s’agir que d’une unique personne. « Cameron. » je salue la jeune femme, avant de me tourner vers elle, portant une dernière fois mon verre à mes lèvres pour finalement le reposer sur le comptoir. Je lui désigne alors le tabouret libre à côté de moi, lui signalant ainsi qu’elle peut tout à fait s’y asseoir. Elle doit bien se douter que cela ne me dérange pas de toute façon ; nous commençons à avoir l’habitude de nous croiser ici, il faut dire. C’est sans doute ce qui nous a rapprochés – un peu – en quelques sortes. Disons du moins que les choses se sont légèrement décoincées depuis qu’elle ne travaille plus dans mon entreprise d’informatique. Je peux me permettre d’être un peu plus amical sans que cela ne me retombe forcément dessus, on va dire. « Je te prends un verre ? » je lui lance alors, un sourire se dessinant peu à peu sur mes lèvres. Peut-être ne pouvons nous pas forcément nous considérer l’un l’autre comme des amis, mais il faut tout de même avouer qu’une certaine complicité à fini par naitre entre nous, aussi infime soit-elle. J’ai un peu l’impression que la jeune femme est l’une de mes seules attaches dans ce bar, bien qu’il y ait d’autres visages connus et qu’elle n’est pas originaire du même endroit que moi – je ne me rappelle pas d’une telle chose tout du moins. Chose assez bizarre lorsque l’on sait que je l’ai rencontrée ici à vrai dire. Mais peu importe, je n’aime pas la neutralité.


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Dernière édition par Aaron N. Hopkins le Dim 10 Mar - 7:22, édité 2 fois
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Cameron J. Moore

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MessageSujet: Re: we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron) Lun 18 Fév - 21:41



we are escaping the same way

Vacarme incessant. Se perdre dans les bruit, inexistante aux yeux du monde quelques instants. Juste assez pour se reposer. Juste assez pour penser. Une bonne heure déjà que Cameron s'était assise à une petite table en retrait, loin du bar, sirotant tranquillement une bière le regard posé sur la salle. Habituée ? Sûrement. À son plus grand bonheur. Au plus grand malheur des autres. Sa mine sombre et son regard perdu on ne sait où ne pouvaient paraître qu'hostile, pourtant pas bien méchante lorsqu'on s'attardait sur elle. Chose que le commun des mortels n'avait encore pas comprise, aveuglé par ces artifices qui toujours rongeaient de l'intérieur la société. Fataliste à souhait, méprisante aussi parfois bien que très tolérante. Il y avait de ces choses qu'elle avait du mal à supporter. Il y avait de ces gens qu'elle ne parvenait pas à cerner. Exercice ô combien amusant qu'elle effectuait depuis son entrée dans le bar, détaillant ainsi les personnes présentes. La plupart oubliait, le reste fuyait. Se bercer d'illusion et rêver paradis doré. Chose qu'elle ne connaissait que trop bien étant elle-même victime de ses propres consommations, au plus grand damne de ses proches, au plus grand damne de Johann. Peut-être était-il au courant, peut-être avait-il fini par remarquer ces tremblements qui parfois la secouaient violemment, ces cauchemars à répétition, ces sorties cachées. Il était au courant. Constat qui lui valut un pincement au coeur tandis que, baissant le regard, elle tira ses manches sur ses mains nerveusement. Déstabilisée. Troublée, encore. Et honteuse, comme toujours. Ainsi semblait-elle même pour son propre frère être indigne de son amour. Que pouvait-il bien faire en cet instant ? Mourir encore un peu plus ? Se détruire toujours dans les bras de ses souvenirs ? Ils en avaient l'habitude, au fond. Pourtant à ce moment précis la cadette des Moore se surprit à regretter sa sortie. Elle aurait dû être à ses côtés en cet instant. Se battre avec lui, et l'aider. Cependant la force l'avait quittée, une fois de plus. Et elle s'en était allée, fuyant, à l'image de toutes ces personnes pour lesquelles elle n'avait que trop peu d'estime. Devenir son propre mensonge. Devenir une menteuse. Agir exactement comme le reste, finalement. Elle n'avait pas les moyens, enchaînait les petits boulots, et pourtant. Glisser quelques billets au comptoir, économiser un semblant d'argent de poche pour tout claquer en une soirée dans ce qui la détruisait le plus. La seule différence qu'elle pouvait avoir avec les autres, au fond, c'est que parfois elle ne pouvait pas. Faute d'argent, faute de monnaie. Sans études il n'était que bien trop difficile de trouver un travail stable. Avec son caractère et sa manière d'être, il n'était que très compliqué de réussir à garder son emploi. Gamine capricieuse qu'elle était. Jamais les limites ne lui avaient été inculquées, jamais elle ne les avait vraiment respectées. Ainsi le délicat contraste entre la société et ce qu'elle vivait se trouvait là ; elle ne connaissait que trop peu les principes de savoir vivre et les règles. Comment aurait-elle pu les apprendre, après tout ? Dès sa plus tendre enfance coupée du monde extérieur, en semi-marginalisation. Grâce à son père. À cause de son père. D'une certaine manière elle le remerciait de ne pas les avoir éduqué. Appartenir à ce cercle pourri que pouvait être celui des apparences ne représentait pour elle qu'une des nombreuses choses à éviter à tout prix, bien trop peu superficielle pour cela. Marginale donc, oui. À moitié seulement.

Redressant finalement le regard Jamie balaya une nouvelle fois la salle du regard et posa instantanément ses yeux verts sur un nouvel arrivant, homme qu'elle reconnut bien facilement. Esquissant un léger sourire, râvie de retrouver cet ami qui finalement n'en était pas un, elle se leva alors doucement et vint se glisser à ses côtés après avoir traversé non sans mal la foule mouvante,, attendant une quelconque réaction de sa part. Ce ne fut sans grande difficulté qu'il la reconnut, et, suivant son regard la jeune femme s'assit à ses côtés après qu'il lui ait désigné le tabouret. Leur relation était simple bien que foncièrement plus profonde, pourtant, jamais une seule fois un désaccord n'avait naquit entre eux - hors domaine professionnel. Le sourire toujours au bout des lèvres, c'est d'un ton amusé qu'elle lui adressa quelques mots, le regard posé sur lui. « Aaron, ça me fait plaisir de te voir ! Tu termines le boulot c'est ça ? T'as vérifié qu'aucun de tes employés n'était ici ? Ce serait dommage que tu les croises alors que tu sirotes... quoi au juste ? Du jus de pomme si je ne me trompe pas ? » Un léger rictus non dissimulé. Jamais elle n'arrêterait de le taquiner sur ce sujet là, parfois sensible aux côtés d'Aaron. Tout du moins c'était ainsi qu'elle l'avait pris lorsque lors de leurs premiers échanges en dehors du boulot, il les avait passé troublé, comme gêné par la vue d'une de ses employés sur son verre d'alcool. Cameron jamais réellement ne se serait attardée sur ce genre de détail, étant bien mal placée pour lui faire la morale, hiérarchiquement comme moralement. Prenant finalement un ton un peu plus sérieux, elle lui répondit alors. « Ta journée s'est bien passée sinon ? Et oui je veux bien. Merci. » Ne jamais refuser un verre. Pas vraiment par principe, mais plus par désir de boisson. Et puis la compagnie n'était pas mauvaise alors pourquoi aurait-elle dut se priver ?
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Aaron N. Hopkins

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MessageSujet: Re: we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron) Lun 18 Fév - 23:52

Je n’ai jamais autant touché à l’alcool que depuis que j’ai déménagé pour commencer à tenir l’entreprise aux côtés de Raphaël. Bien sûr, je ne mets pas cela sur le compte de l’entreprise, ni sur celui de mon meilleur ami d’ailleurs. Disons simplement que lorsque j’habitais encore à Chester, le simple fait de monter sur ma planche de skateboard me suffisait afin de prendre du recul et m’évader un temps soit peu. Mais ici, alors que je tente de me servir le moins possible de ma planche à roulettes, les nombreuses soirées organisées de-ci de-là dans la ville, n’ont pas tardé à me faire de l’œil, m’attirant irrémédiablement. Et avec elles et arrivé l’alcool, ce cher liquide étant rapidement devenu précieux – comme-ci il était nécessaire pour pouvoir retomber en enfance et s’amuser encore un peu –, devenant mon point faible en quelque sorte. En effet, je déteste lorsque l’on me surprend avec. Cela ne m’a pas empêché de tenter de faire boire mon meilleur ami quelques fois, mais il n’a jamais bien tenu l’alcool de toute façon, donnant toujours l’air de se sentir très mal à la moindre gorgée. Mais le pire, c’est lorsque certains de mes employés me surprennent avec un verre aux lèvres. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé une fois, avec la jeune femme qui se tient face à moi. Je crois que je ne m’étais jamais senti aussi mal de ma vie qu’à ce moment là – hormis la fois où, aux côtés de mon oncle, je regardais mes parents s’engouffrer dans l’avion pour partir Dieu seul sait où, avec le sentiment que je ne les reverrais plus, ou alors que de trop rares fois – et c’est sûrement pourquoi notre relation était partie d’un mauvais pied. Et elle était là à chaque fois. Je ne pouvais pas venir au bar sans lui tomber dessus, cela paraissait même inévitable à force. Pourtant, tout c’était arrangé puisque nous ne nous prenons plus la tête à présent. Du moins, je pense que cela s’est arrangé. Il n’en reste pas moins que s’il m’arrive de passer du temps avec Cameron, je ne pense pas que je puisse la considérer comme une amie. A peine comme une connaissance à vrai dire. Les seules choses que je connais chez elle, ce sont celles que j’ai appris en faisant des recherches sur sa personne avant d’adhérer dans l’idée de l’embaucher de Raphaël. Sinon, il n’y a jamais eu aucun échange concret entre nous. Autant dire que les seules choses qui me sont données de savoir à sont propos, ne sont même pas celles qu’elle a accepté de me relever. Peut-être me compare-t-elle à une sorte de voyeur, dans son esprit. Je n’en sais absolument rien à vrai dire.

En tout cas, si elle me considère comme tel, elle cache bien son jeu et ne semble pas décider à montrer ses véritables pensées. En effet, c’est avec un grand sourire qu’elle m’aborde, ne laissant transparaître aucun sentiment de rancune à mon égard. C’est à croire qu’il est même impossible qu’elle puisse en avoir. « Aaron, ça me fait plaisir de te voir ! Tu termines le boulot c'est ça ? T'as vérifié qu'aucun de tes employés n'était ici ? Ce serait dommage que tu les croises alors que tu sirotes... quoi au juste ? Du jus de pomme si je ne me trompe pas ? » J’adresse un sourire pincé à la jeune femme. Elle ne sait que trop bien à quel point je déteste que mes employés me voient avec un verre dans la main. Pourtant, derrière son côté sarcastique, je dois bien lui admettre qu’elle a raison. Inconsciemment, comme à chaque fois, j’ai vérifié en entrant dans l’enceinte du bar, que je ne connaissais personne. D’ailleurs, je ne l’avais pas vu elle, c’est dire à quel point j’ai mal regardé. Un frisson me parcourt à cette pensée, tandis que l’air de rien, je détourne le regard pour couver la salle des yeux, faisant une seconde vérification. Consciente cette fois-ci. Bien heureusement, il n’y a personne. Je suis aussitôt bien plus décontracté, je ne peux décemment pas le cacher. L’air de rien, je me tourne de nouveau vers Cameron. « Très drôle. Je ne vois pas comment l’un d’entre eux pourrait mettre les pieds ici de toute façon. » je lui souffle en haussant brièvement les épaules, adoptant un air désinvolte. Pourtant, si j’ai croisé la jeune femme dans ce bar, il se peut très bien qu’elle ne soit pas la seule à être invitée à ce genre de soirées privées. Je ne dois d’ailleurs pas la tromper à ce sujet, elle doit être assez grande pour faire le lien elle-même après tout. Je lui propose alors de lui prendre un verre, puisqu’il me semble évident qu’elle n’en a pas encore. Peut-être n’a-t-elle-même pas encore consommé d’alcool depuis qu’elle est ici, tout dépend des personnes qu’elle a pût croiser et si celles-ci ont daigné lui offrir un verre ou pas, je suppose. « Ta journée s'est bien passée sinon ? Et oui je veux bien. Merci. » Je hoche doucement la tête avant de me tourner de nouveau en direction du comptoir pour commander un nouveau verre de whisky, qui ne tarde pas à arriver d’ailleurs. Je paye directement le barman, avant de pousser le verre en direction de l’endroit où est installée Cameron. « Et voilà, un verre de jus de pomme. » Je hausse un sourcil, légèrement moqueur. Après tout, elle m’a cherché et j’ai simplement saisis la perche qu’elle me tendait, elle ne peut pas m’en vouloir. Surtout pour si peu, alors que la blague était si nulle. « Et pour répondre à ta question ; c’était une journée banale. De ton côté ? » je lui demande alors, me faisant soudainement plus sérieux. Je me doute bien que ce n’est pas facile tous les jours dans la vie de la jeune femme. C’est l’une des nombreuses choses qu’il m’a été donné d’apprendre en faisant mes recherches à son sujet.


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Cameron J. Moore

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MessageSujet: Re: we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron) Lun 11 Mar - 20:57



we are escaping the same way

Devenir exactement ce qui l'avait sûrement menée à sa perte. Pas mieux que son père, pas moins bien non plus. Elle au moins avait encore le mérite de trouver un peu de boulot, ici et là, faisant les yeux doux à quelques employeurs saturés en compassion et en pitié. Sentiments qu'elle inspirait sans même le vouloir, de son regard un peu perdu mêlé à ses paroles pleines d'assurances. Paradoxe ambulant, elle hurlait au monde son indépendance alors que jamais elle ne s'était sentie plus seule. De ces besoins primaires de se sentir entourée, aimée aussi un peu, et surtout de se voir exister entre quelques regards, vivre parmi quelques mots. Quitter ces habits de fantôme que trop souvent peut-être elle avait portés jusque là contre son gré, de ces choses qui allaient de paire avec la solitude mordante et lancinante. Celle qu'elle connaissait bien. Eternelle amie des jours de pluie, ultime réconfort créé par quelques leurres qu'elle s'était contés parfois. Seule, rien ne pourrait la toucher ainsi. Rien ne la blesserait. Illusion qui s'était avérée être fausse dès le retour de Johann. Elle n'était plus seule, non, pourtant ce sentiment qui depuis longtemps avait pris possession de son coeur s'était amplifié un peu plus, encore plus. D'une manière plus soudaine et constante, terriblement troublante, et surtout qu'elle ne gérait pour le moment que trop mal. Tel était sûrement la cause même de ses venues plus fréquentes ici, volonté quotidienne d'oublier un peu que lorsqu'elle rentrerait chez elle personne ne l'attendrait, si ce n'était quelqu'un qu'elle ne connaissait plus.

Retarder ce retour, alors. Retarder la réalité à coups de quelques gorgées brûlantes et paroles insouciantes. Il en était ainsi. De ces conversations futiles qu'elle ne menait que trop rarement mais qui pourtant lui apportaient tellement. Un peu de réconfort, beaucoup d'oubli. Aaron et elle ne se connaissaient pas vraiment, en réalité. Une unique fois elle lui avait parlé d'elle, un peu. Chose dont elle ne se souvenait que vaguement mais qu'elle regrettait amèrement. Ne jamais ôter le masque, au grand jamais. Demeurer la personne exacte que les gens pensaient voir en la regardant. Décadente, insensible, désinvolte. Un cliché en somme, qu'elle s'évertuait de demeurer en dépit de ses réels sentiments. Jamais pourtant il ne lui en avait reparlé. Sujet qu'il avait deviné sensible, sûrement, cet instant n'avait à ses yeux aucune raison d'être mentionné à nouveau, étant bien trop délicat pour elle à expliquer. Ainsi se contentaient-ils tous deux de quelques échanges sans risques, sans jamais s'aventurer en terrain inconnu de peur pour sa part de flancher à la première question indiscrète. Masquer cette personnalité à fleur de peau qu'elle représentait encore, derrière quelques artifices, poudre fabriquée de toute pièce par ses soins dans le buts de faire oublier à son entourage qu'au derrière quelqu'un existait toujours. Et ce fut d'ailleurs de cette manière qu'elle vint lui décrocher quelque mots. Enjouée, sûre d'elle, taquine. Un peu Jamie un peu quelqu'un d'autre. Un peu la vérité un peu le mensonge. Toujours. Pourtant malgré cela Moore se surprenait elle-même à apprécier secrètement cette rencontre de manière sincère. Ainsi, arborant toujours un sourire amusé au bout des lèvres, un léger rictus s'échappa spontanément d'entre ces dernières suite aux mots du Hopkins et à ce regard inquiet qu'il offrit à la salle bondée. Elle avait donc raison. Encore un sourire, et déjà elle lui répondait seulement quelques secondes après. « De la même manière que moi je l'ai fait. » Le regard toujours posé sur lui, Cameron pourtant finit elle aussi par parcourir la salle une fraction de seconde. Pas par peur, simplement par curiosité. Observer le monde vivre, chose à laquelle elle était habituée. Pourtant malgré son sarcasme elle savait bien qu'il avait raison, d'une certaine manière. La soirée était privée, pour l'un comme pour l'autre à leur plus grand plaisir. Pas qu'elle soit honteuse de ses actes, non, loin de là. Juste qu'elle ne désirait pas particulièrement croiser son frère. Au fond leurs buts se rapprochaient de près : échapper quelques instants de la réalité en la repoussant le plus possible hors d'ici. En ces territoires retranchés peu de personnes se connaissaient initialement en réalité. Bien sûr, ils s'étaient croisés de temps à autres. Mais rien de concret. Rien d'assez proche pour que l'un se permette de faire la morale à l'autre, de juger. Ce qu'ils recherchaient sûrement inconsciemment tous.

Reposant finalement ses yeux sur le bar une fois que le verre glissa sur ce dernier, Moore le prit entre ses doigts et esquissa un sourire tandis qu'elle sortait doucement de ses pensées. « Merci, j'ai besoin de sucre. Je ne voudrais pas faire d'hypoglycémie comprends-tu. » Enfoncer encore un peu plus le couteau dans la plaie, et le remuer si possible. C'était ainsi qu'elle fonctionnait. Alors un réel problème devenait un simple sujet d'amusement, et rien n'était tel que le sarcasme pour dédramatiser n'importe quelle situation quand bien même elle soit foncièrement triste. Portant le verre à ses lèvres, elle ingurgita une gorgée du liquide salvateur avant de le reposer sur le bar, réfléchissant un millième de seconde à la réponse qu'elle allait lui fournir. Qu'avait-elle fait de sa journée, au fond ? Pas grand chose, si ce n'était bosser dans un bar miteux éloigné de toute civilisation. Alors elle se contenta de relever ce simple détail sur une pointe d'humour, comme toujours. « J'ai astiqué des verres irrécupérables et ai servi des poivrots toutes la journée. Très constructif pas vrai ? » Finalement, elle baissa les yeux un instant, n'étant en réalité pas très fière de sa profession. Rien de bien glorieux, rien de ce à quoi elle aurait aspiré quelques années auparavant seulement si ce n'était quelques mois. Rien dont elle ne parlait sérieusement, puisque se leurrer dans le comique de la situation n'était que bien plus facile.
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Aaron N. Hopkins

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MessageSujet: Re: we are escaping the same way. ◮ (cameron&aaron) Mar 12 Mar - 22:14

Tout n’est que façade perpétuelle. Les personnes présentes dans cette pièce ne se connaissent pas pour la plupart, se contentant de faire bonne figure sans chercher à forcément aller plus loin. Ce n’est pas seulement une soirée comme les autres, c’est aussi et surtout, une prolongation du travail. Ici, les gens se retrouvent pour parler affaires et argent, tentant même parfois de se vendre à quelques hommes d’affaires pour que ceux-ci leur trouvent un travail. Même si ceux-ci est une soirée privée, et que je ne comprends pas comment des personnes aux chômages peuvent être mêlées à d’autres haut-placées dans leurs entreprises, au cours de cette rencontre d’un soir. Adossé contre le bois du comptoir, les prunelles rivées en direction de Cameron, je ne peux que venir à la conclusion que pour sa part, elle n’est pas ici pour cela. Assez débrouillarde, la jeune femme n’a jamais eu besoin de se trainer aux pieds de grands patrons pour se trouver un travail. Et même si cela s’avérait nécessaire, je suis à peu près certain qu’elle ne le ferait pas, question d’égo. Ce n’est bien sûr qu’une supposition, puisque je ne la connais pas. Pas réellement du moins. Une fois seulement elle s’est livrée à moi, me parlant d’elle et le reste, je ne l’ai appris que par moi-même, alors que je faisais des recherches sur son compte, pour voir s’il était possible de l’embaucher. Et elle avait eu le poste, surpassant bon nombre de candidats pour atteindre la place convoitée. L’avais-je embauchée parce que j’étais attendri par son passé chaotique ou pour ses compétences ? Je ne saurai le dire avec exactitude. Disons juste que ce devait être un juste milieu entre les deux, j’imagine. Elle n’est pas restée longtemps dans l’entreprise à vrai dire, libérant son poste à peine quelques mois après y avoir pris place. Quelqu’un d’autre lui avait succédé, mais peu importe, je n’ai même pas souvenir du nom de ce nouvel employé. Il faut dire qu’il est assez rare que je me montre proche d’une personne fréquentant l’entreprise – hormis Raphaël, mais il est mon meilleur ami, alors cela est foncièrement différent – et Cameron est sans aucun doute la personne que j’ai rencontré le plus de fois en dehors du travail. Ce n’était pas volontaire et je la fuyais tout d’abord, gêné par la simple idée qu’elle puisse me voir avec un verre d’alcool appuyé sur les lèvres, mais il a bien vite fallu me rendre à l’évidence qu’elle était là en permanence. Et encore aujourd’hui, il m’est impossible de me défaire de sa présence, n’ayant de cesse de la croiser un peu partout. Il m’a fallu choisir entre le fait d’arrêter de fréquenter les bars et celui de m’accommoder à sa présence ; et comme en témoigne ce soir, c’est bien évidemment la deuxième option qui l’a emportée. Il faut dire que Cameron me parait tout de même assez inoffensive. Entre elle et moi, il y a comme une sorte d’accord tacite, stipulant qu’aucun ne parlera de l’autre ailleurs. C’est certainement ce qui fait que je ne l’ai pas fuie en courant, alors qu’elle fréquentait l’entreprise.

La jeune femme s’amuse tout de même assez bien du fait que je n’aime pas boire devant des personnes que je vois en extérieur, surtout en ce qu’il s’agit des employés. Je crois que jamais un véritable ami ne m’a vu boire. A part Raphaël une nouvelle fois, mais le fait qu’il est mon meilleur ami change foncièrement les choses. De mon point de vu tout du moins. Je ne sais pas pourquoi, mais rien que l’idée me met mal à l’aise. C’est sur quoi la jeune femme se met à jouer, alors qu’elle m’insinue que des personnes que je pourrais connaitre son susceptible de se trouver dans la salle. Ainsi ai-je beau lui répondre d’un ton détaché, faisant mine de ne pas en prendre compte. Comme-ci soudainement, le fait de me sentir mal à l’aise si quelqu’un me voit boire, m’était devenu étranger. Mais les paroles de la brune ne tardent pas à semer le doute dans mon esprit. Faisant l’air de rien, j’embrasse la salle du regard, étudiant les visages des personnes présentes. J’entends parfaitement le rire cristallin de Cameron à mes côtés, qui doit retirer une certaine satisfaction à me voir ainsi paniqué suite à ses paroles. « De la même manière que moi je l'ai fait. » me lance-t-elle alors d’un ton détaché. Finissant ma ronde du regard, je repose mes prunelles sur sa silhouette. C’est à son tour de scruter la salle. Pourtant, son regard ne se fait pas perçant, laissant témoigner que contrairement à moi, elle n’y cherche rien, se contentant de laisser ses yeux vagabondés à loisir. « Oui mais toi, c’est différent. » je lui réponds finalement. « T’es trop bizarre pour être humaine, alors ça ne compte pas. » j’ajoute tout en lui donnant un léger coup de coude sur le bras – pas assez puissant pour lui faire mal, bien heureusement – alors que je lui sers un sourire rieur. Pas besoin d’une expression faciale particulière pour se douter du fait que je rigole bien évidemment. Après tout, elle doit encore se souvenir de la façon dont j’étais paniqué, lorsque je l’ai croisée pour la première fois dans l’une de ces soirées. Aussi ne doit-elle pas se vexer. « Merci, j'ai besoin de sucre. Je ne voudrais pas faire d'hypoglycémie comprends-tu. » Je pince légèrement les lèvres alors que je lui tends son verre, un sourire forcé étirant le coin de mes lèvres. C’est fou ce qu’elle peut bien rendre les choses plus compliquées quand elle s’y met, paraissant prendre un malin plaisir à enfoncer le couteau dans la plaie et à l’en remuer dans tous les sens. Comme-ci elle essaye de me briser. Aussi je garde un air tout de même assez détaché. « Et comme j’ai vraiment la flemme de t’emmener à l’hôpital après ça, je préfère encore t’offrir un verre. Quel gentleman je fais. » Dans certaines situations, mieux vaut favoriser l’autodérision. Il peut être assez dangereux de tout prendre au sens premier certaines fois, surtout en compagnie de Cameron. C’est quelque chose que j’ai appris à mes dépends, à vrai dire. A prendre toutes ses paroles sans en percevoir l’ironie, je me montrais parfois assez bizarre à son égard. « J'ai astiqué des verres irrécupérables et ai servi des poivrots toutes la journée. Très constructif pas vrai ? » répond-t-elle finalement à ma question. Je perçois aussitôt son malaise, qu’elle tente pourtant de cacher derrière des paroles tout à fait sarcastiques et ironiques. Mais l’amertume dans sa voix, ne peut décemment tromper personne. « Ah mince, le métier dont je rêvais. Je te jalouse. » je lui lance en lui adressant une nouvelle bourrade amicale. Puis, adoptant de nouveau un peu de sérieux, je finis par ajouter : « On devrait pouvoir te retrouver une place dans l’entreprise, au besoin. » Cameron n’est pas du genre à demander les choses ainsi, alors peut-être vaut-il mieux que je démarche moi-même. Sait-on jamais qu’elle se trouve réellement dans le besoin. Et puis, je ne saurai dire pourquoi, une nouvelle fois, mais je me sens véritablement concerné par son sort.


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